Immersion

Immersion

Festival de troupes au Théâtre du Soleil

du 2 juin au 8 juillet 2023
6 troupes
60 représentations
des concerts, des lectures, des rencontres





Départ d’Incendies

Départ d’incendies est un festival qui réunit de jeunes troupes françaises et internationales au Théâtre du Soleil pour vivre et partager une expérience de théâtre. Il est inspiré par le festival Premiers Pas créé par Alexandre Zloto et Ariane Bégoin sous l’impulsion d’Ariane Mnouchkine de 2003 à 2012 et par le festival Le Soleil se partage créé en 2021 dans les jardins de la Cartoucherie.
Cette première édition rassemblera cinq jeunes compagnies dans un esprit de communauté et d’école de la vie en troupe.

Festival Départ d'Incendies au Théâtre du Soleil - IMMERSION
Logo Compagnie Les Barbares - IMMERSION

Compagnie La Tendre Lenteur
Compagnie Dyki Dushi

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departdincendies@gmail.com

L’équipe du festival

Romane Bonnardin
Membre d’Immersion,
comédienne, autrice.

Benjamin Grangier
Membre fondateur du Soleil se partage, comédien.

Sydney Gybely
Membre d’Immersion,
comédien.

Camille Lambert
Designer graphique.

Léo Nivet
Membre d’Immersion,
comédien, auteur,
webdesigner.

Annabelle Zoubian
Membre d’Immersion,
metteuse en scène.

Tristan Héraud
Régisseur général.

Emma Stevenson et Lorédana Ronca
Administratrices.

Les troupes

Compagnie Les Barbares

La compagnie Les Barbares propose des spectacles au souffle épique et romanesque tout en sachant rester populaire et accessible au plus grand nombre. Ils œuvrent pour un théâtre artisanal, où la parole et la tradition dialoguent avec le présent, un théâtre d’acteur, d’idées et de chair. La démarche cherche à interpeller directement le spectateur, en partageant avec lui des préoccupations communes. Pour autant l’ambition est celle d’un théâtre joyeux, vivant, plein d’espoir qui en interrogeant l’humain et ses contradictions ne cesse de questionner la possibilité « d’être ensemble ».
Leurs créations fait dialoguer les grands mythes qui fondent notre civilisation avec la littérature, pour interroger le présent, tout en utilisant de nouveaux langages scéniques et les rapprochant des voix contemporaines de la dramaturgie.
Mephisto, qu’ils présenteront dans le cadre du festival Départ d’incendies, fait dialoguer le mythe de Faust avec la figure de Gustav Gründgens, cet acteur allemand des années 30, célèbre pour sa compromission avec les nazis.
Dans ce dialogue perpétuel entre les faits historiques et la dimension symbolique qu’ils peuvent représenter aujourd’hui, ils y voient la possibilité de la fable, et par la fable le moyen de conjuguer le rêve et une réflexion sur le monde. Par la fable ils veulent renouer avec la grande tradition théâtrale des années 60 à 80. Cette époque où le théâtre était une grande fête. Le texte un prétexte à inventer des décors extraordinaires, des installations surprenantes, une orchestration de la diction quasiment musicale. Une époque dans laquelle le théâtre était « tout puissant ! » comme le dit Florence Dupont.
Les acteurs au centre, et leur puissance démultipliée par la machinerie théâtrale, la lumière, la musique (live de préférence), le son, les costumes et les décors.

Crédit photo : Nicolas Brodard

Théâtre de l’Hydre

Le Théâtre de l’Hydre base son fondement sur une utopie humaine : la troupe.

Un groupe de personnes solidaires qui se consacrent de concert à la création d’œuvres théâtrales.

C’est une réponse active au monde dans lequel nous vivons qui tend à assumer la fonction de poète.sse dans notre société.

Il s’agit d’ouvrir un champ de réflexion sensible, de placer chacun.e, membres de la troupe ou spectateur.trice.s dans la position de capitaine de leur destinée, de femmes et d’hommes libres.

La troupe est composée de 2 techniciens et de 15 artistes de différentes disciplines : théâtre, cirque, danse, musique ; originaires de France, du Chili, du Pérou et d’Uruguay.

Crédit photo : Mathieu Vouzelaud

Au festival, elle présente le spectacle Macabre Carnaval, inspiré par l’histoire de l’Uruguay.

Compagnie Immersion

Nous organisons le festival et présenterons notre Platonov.

Théâtre Populo

La Compagnie Populo est une compagnie ciotadenne née en 2021 qui mêle théâtre et marionnettes.

Au festival, elle présentera le spectacle Les Aveugles de Maurice Maeterlinck.

Un groupe d’aveugles égarés guette le retour de leur guide, celui qui doit les guérir, leur montrer la voie, celui qui voit. Abandonnés sur l’île, ils attendent inexorablement son retour dans une forêt aux signes étrangement inquiétants. Épuisés, ils tentent de comprendre où ils se trouvent .La Nature, en vain, informe les aveugles de la fatalité prochaine qui va s’abattre.

Nous avons l’habitude de notre propre silence mais le silence de plusieurs nous interroge et nous plonge dans un extra-ordinaire qui nous éloigne de notre quotidienneté accablante. C’est le récit macabre et effrayant de l’Homme face à la Mort. La mort a toujours fasciné les cultures de toutes les époques. C’est une puissance indétrônable que nous rencontrerons tous. Elle nous ramène à notre tragique condition humaine. L’histoire mystique de cette horde d’aveugles pourrait même être une fable dont la morale lugubre serait prononcée par la Nature, la Mort, Dieu, ou quelque autre puissance qui nous dépasse. Elle nous confierait ce constat ultime : « Pauvres générations humaines, je ne vois en vous qu’un néant. »

Compagnie La Tendre Lenteur

La compagnie La Tendre Lenteur est naissante.

Au festival, elle présentera Antigone de Sophocle.

Antigone est la tragédie antique et moderne par excellence. Celle de la révolte et de la remise en cause du pouvoir établi.
Antigone est le conflit entre l’individu et le collectif, le désir d’autodétermination et la règle, le sentiment et le pouvoir.

Antigone brave Créon, qui incarne la machine broyeuse de l’État. Elle ne peut accepter son verdict, interdisant l’enterrement de son frère, Polynice, mort lors de son combat avec leur autre frère, Étéocle.
Antigone exige pour Polynice une digne sépulture et se réfère aux dieux, à d’autres lois, plus puissantes et plus anciennes que celles des hommes, autoritaires et arbitraires. Jusqu’où Antigone ira-t-elle pour faire valoir la loi du cœur ?

Antigone est africaine.
Le chœur est ivoirien, camerounais, sénéglais, guinéen, moldaves, algérien ; composé exclusivement de femmes issues du Centre d’Hébergement et d’Urgence de la Pépinière, foyer Emmaüs, maison de mon enfance.
Le reste de l’équipe fait partie de la compagnie La Tendre Lenteur.
Faire résonner la langue de Sophocle, grâce à la puissante traduction de Florence Dupont, avec le baoulé, dioula, soussou, wolof et l’arabe.
Voyager entre mes deux pays, la France et l’Algérie, mettre en scène cette tragédie avec les traces de nos blessures communes. Une Antigone et un Créon, entre l’Afrique et l’Occident.

Les origines

En 2021, durant la crise sanitaire et l’occupation des théâtres, notamment celle du théâtre de la Colline, des jeunes artistes décident de demander du soutien à Ariane Mnouchkine qui les invite à lui exprimer ce qu’ils souhaitent. L’objectif est clair : jouer et créer, faire ce qui est empêché depuis trop longtemps.

Avec le soutien du Théâtre du Soleil, du Théâtre de L’Aquarium et du Théâtre de la Tempête se crée le festival Le Soleil se Partage qui invite douze jeunes compagnies à jouer sur les pelouses de la Cartoucherie. C’est Platonov d’Anton Tchekhov mis en scène par Annabelle Zoubian de la troupe Immersion qui ouvre le festival :
« Enfin ! Nous ne sommes plus chez nous. Merci mon Dieu, six mois que nous n’avons pas vu un être humain, tout l’hiver nous avons dormi dans notre tanière comme des ours, ce n’est qu’aujourd’hui que nous revoyons la lumière du jour ! »

Après le festival, Annabelle Zoubian et sa troupe Immersion ainsi que Benjamin Grangier, membre fondateur du Soleil se partage, proposent à Ariane Mnouchkine de créer un nouveau festival reprenant les valeurs de Premiers Pas, le festival de jeunes troupes créé par Alexandre Zloto et Ariane Bégoin au Théâtre du Soleil. Par troupe, ils entendaient alors trois choses qui la distinguent d’une compagnie : « être nombreux sur le plateau, se projeter ensemble dans une aventure commune pour plus d’un spectacle, travailler dans un esprit d’école permanente en se stimulant les uns les autres. »

Nous reconnaissant dans ces propos et étant à la recherche d’un espace qui offrirait une chance d’exister à des projets dits trop conséquents pour de jeunes artistes, il nous semblait nécessaire de revoir un festival de l’ordre et de l’envergure de Premiers Pas dans le paysage théâtral actuel.

Nous avons donc décidé de créer le festival Départ d’Incendies et nous nous chargeons de son organisation depuis mai 2021.

Le Lieu

Une troupe a besoin d’un lieu pour exister comme une famille a besoin d’une maison pour se réunir. Ce lieu est un espace qui permet de voyager à travers le temps, de partager des idées, de vivre une expérience ensemble, de générer de la joie, de faire la révolution sans violences. On l’appelle le plateau, et qu’il soit mobile ou fixe, dans un théâtre, un chapiteau ou sous les étoiles, fait de tréteaux et de planches ou coulé dans le béton, il a le pouvoir de donner une vie physique à des utopies et de faire de l’humain le médium de l’art. Pour une troupe, il est gage de liberté, il est le lien avec son public, il est aussi son école. Or il est difficile pour une jeune troupe d’avoir son plateau, son espace magique, son lieu de liberté où exister pleinement et donner naissance à des spectacles construits dans leurs règles et de leurs mains.

En prenant le risque de nous faire confiance et de miser sur de jeunes troupes inconnues, à peine en train d’éclore, le Théâtre du Soleil nous offre une chance de pouvoir enfin créer librement, de jouer et de faire de notre festival, comme il le fait de son théâtre, « un rempart contre le désenchantement du monde ».

Le Principe

Le festival rassemblera des jeunes créatrices et créateurs qui ont fait le choix de fonder une troupe de théâtre, qui ont décidé, comme le disait Alexandre Zloto, « de prendre ensemble le risque fou de se lancer dans une aventure collective, de défendre des valeurs de solidarité, de partage et de poésie » et qui rêvent d’un jour avoir une maison de théâtre.

Pendant le festival, le théâtre sera « confié » aux troupes accueillies. Cette première édition sera l’occasion pour cinq jeunes troupes de partager leur travail avec un public pendant cinq semaines.

Elles évolueront dans des conditions professionnelles tout en étant confrontées à la réalité et au concret de leur rêve de troupe et des responsabilités de tenir un lieu. Chaque troupe jouera son spectacle une fois par semaine pendant que les autres troupes s’occuperont du théâtre avec l’équipe du festival, assurant les tâches de vie du lieu : billetterie, bar, entretien, accueil du public, communication.

Départ d’Incendies est un festival sans concours, sans prix, dans un esprit de communauté, d’école permanente et d’égalité des salaires.

« Des jeunes hommes et des jeunes femmes qui viennent à nous pour consacrer leur vie à une œuvre désintéressée, avec la pensée de n’être pas seulement des acteurs mais des travailleurs modestes, prêts à accepter toutes les besognes du théâtre.Tout dans le théâtre naît de l’ingéniosité de leur esprit, du concours de leur volonté, du travail de leurs mains. Rien de plus salubre que ce travail en commun, que cet effort unanime et anonyme. Il nous ramène à cette idée de confrérie, à cet esprit corporatif dont sont sortis les plus hauts chefs- d’œuvre du passé. Là où il règne, il crée la joie et la concorde. Il fait l’homme plus beau et la vie plus précieuse. Et cette joie de l’atelier, cet accord exalté de la communauté, vous les retrouverez le soir sur la scène. Ils s’y transforment en beauté. »
Jacques Copeau.

L’EXPÉRIENCE DES ARTISTES

Faire du théâtre, et particulièrement en troupe, dépasse le fait d’être simplement sur un plateau.

Il est de notre devoir de considérer la profession dans son entièreté, d’occuper tous les rôles pour acquérir de la force et de l’expérience, creuser notre métier et notre art. Chaque troupe sera associée à une marraine ou à un parrain pour hériter de leurs découvertes et ainsi enrichir ses recherches.

Les troupes volontaires animeront des ateliers, des rencontres, des lectures et travailleront avec une classe d’une école, d’un collège ou d’un lycée.

Pendant ces cinq semaines tout sera repéré, identifié, compris et vécu, dans le but de nous faire grandir en tant qu’artiste et en tant qu’être humain.

Le temps de ce festival, nous deviendrons une Grande Troupe rassemblée autour de valeurs communes, afin de créer une force collective pour protéger tout ce qu’il y a de beau dans l’art s’il s’avérait être à nouveau menacé.

L’EXPÉRIENCE DES SPECTATEURS

Nous voulons que les spectateurs découvrent de jeunes troupes, s’éprennent de leur aventure, qu’il se crée entre eux un lien intime, précieux, presque familier qui leur donne envie de les suivre durant plusieurs années. Nous voulons créer un réseau de spectateurs, d’amis des jeunes troupes. Nous voulons que l’échange, le partage et le mélange soient au cœur du festival.

Le Théâtre du Soleil nous a transmis l’importance du soin apporté au lieu. Il doit être chaleureux et singulier. Il faut que le théâtre soit une maison d’humanité dans laquelle il règne une atmosphère sacrée, propice à faire l’expérience du monde. Il doit donner envie aux spectateurs d’arriver tôt pour s’immerger dans le spectacle et lui permettre d’avoir un sas comme l’acteur a sa loge pour l’amener dans un voyage réussi. Les troupes prépareront les repas pour les spectateurs et organiseront des temps de rencontres lors des soirées d’ouverture et de clôture mais également après les spectacles ou les soirs de relâche. Les spectateurs seront invités à des lectures de grandes œuvres du théâtre, de pièces de jeunes auteurs, de poésie et de philosophie. Artistes de différentes disciplines, marraines, parrains seront également invités à y participer, toujours dans le but d’amener de la matière, de faire résonner des mots importants, de faire des rencontres, de brûler de la même flamme, d’embarquer tous ensemble pour faire la traversée du théâtre et avant tout, comme le dit Ariane Mnouchkine, « qu’on se parle, qu’on se parle des nuits entières, au-delà de toute intimidation d’où qu’elle vienne. »

NOTRE MONDE S’EFFONDRE, NOUS DEVONS REBÂTIR NOTRE MONDE. LES ŒUVRES D’ART NOUS APPRENNENT CE QU’EST LE COURAGE.
NOUS DEVONS ALLER LÀ OÙ PERSONNE NE S’EST AVENTURÉ AVANT NOUS.

ANNIE ALBERS

FAIRE DU THÉÂTRE EN TROUPE POUR PARTIR À L’AVENTURE, TRAVERSER DES OCÉANS INCONNUS. ESSUYER DES TEMPÊTES AUSTRALES, DÉCOUVRIR DES ÎLES SALVATRICES. ÊTRE SUR UN NAVIRE QUI LARGUE LES AMARRES À CHAQUE SPECTACLE. AVOIR SES AMOURS ET SES AMIS AU MÊME ENDROIT, ET, EN MÊME TEMPS, ÊTRE NOMADE. VIVRE ET SE BATTRE POUR ET AVEC UNE FAMILLE QUI SERAIT À LA FOIS PROTECTRICE ET LIBÉRATRICE. UN UNIVERS ENCHANTÉ AU MILIEU D’UN MONDE DE PLUS EN PLUS DÉSENCHANTANT.

ARIANE MNOUCHKINE